jeudi 5 juillet 2007
« Celui qui dresse les serpents finit toujours dans leur estomac »
Tirée de la revue de presse réalisée par l’ambassade de France à Kaboul, le quotidien Weesa écrit : « Celui qui dresse les serpents finit toujours dans leur estomac » ; cet article en pleine page, consacré aux événements de la Mosquée Rouge à Islamabad, estime que le Pakistan vit aujourd’hui « ce qu’il a fait subir à l’Afghanistan pendant des années ». Après avoir cité un autre proverbe persan, selon lequel « le creuseur de puits finit toujours par tomber dedans », l’article rappelle un récent rapport du Haut Conseil de Sécurité du Pakistan, qui mettait en garde contre la propagation de l’« idéologie tâleb » dans la société.
Je vous rappelle le contexte de la situation de la Mosquée rouge d’Islamabad :
« La Mosquée rouge a été assiégée mercredi par des centaines de membres des forces de sécurité pakistanaises après des heurts qui ont fait seize morts depuis mardi. Le gouvernement du président pakistanais Pervez Musharraf tente de contrôler la mosquée fondamentaliste dans le cadre de son soutien à la "lutte contre le terrorisme" menée par son homologue américain George Bush. La mosquée rouge est accusée de servir de refuge à des talibans combattant en Afghanistan et des islamistes pakistanais les soutenant. » Source AFP, jeudi 5 juillet 2007.
Je vous rappelle le contexte de la situation de la Mosquée rouge d’Islamabad :
« La Mosquée rouge a été assiégée mercredi par des centaines de membres des forces de sécurité pakistanaises après des heurts qui ont fait seize morts depuis mardi. Le gouvernement du président pakistanais Pervez Musharraf tente de contrôler la mosquée fondamentaliste dans le cadre de son soutien à la "lutte contre le terrorisme" menée par son homologue américain George Bush. La mosquée rouge est accusée de servir de refuge à des talibans combattant en Afghanistan et des islamistes pakistanais les soutenant. » Source AFP, jeudi 5 juillet 2007.
mercredi 4 juillet 2007
"Erreurs destructives massives" pour l'Iraq
Je me rappelle encore comme si c’était hier de ces déclarations alarmantes de la part du président des Etats-Unis sur la détention par Saddam Hussein d’armes de destructions massives. Soi-disant preuves irréfutables à l’appui.
Mais le 29 juin dernier, j’apprends –très discrètement-, que l’Organisation des Nations Unies met officiellement fin à la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU – UNMOVIC United Nations Monitoring, Verification and Inspection Commission en anglais). Et avec quel résultat ? Rien. Fausse alerte. Les experts n’ont pas officiellement trouvé d’armes de destructions massives.
L’Iraq donc au début 2003, au moment de la prise de décision de l’invasion du pays par les troupes américaines, ne disposait pas d’armes de destructions massives prêtes à défigurer la face du monde. Il y avait bien quelques tubes en aluminium comme la Maison Blanche l’a si bien soulignée lors de ses discours va-t-en guerre. Mais cela justifiait-il-le choix d’envahir l’Irak et de faire tomber le despote Saddam Hussein ? La raison n’était-t-elle pas ailleurs ?
Dans ce cas, cela veut dire que la Maison Blanche a vendu « sa » guerre et qu’elle l’a justifiée auprès de la communauté internationale et de ses compatriotes sur la base d’un mauvais prétexte et de fausses informations. C’est cela qui est grave. Même si, cette fois-ci, c’est un dictateur sanguinaire qui est bien tombé. Mais à quel prix aujourd’hui pour le peuple irakien !
Mais encore, demain, sur la base de mensonges officiels, un homme politique, élu légitimement par son propre peuple, peut bien voir sa tête mise à prix et tomber. Comme celle de Saddam Hussein, la nuque brisée. Cela a d’ailleurs déjà été le cas, ailleurs, avec l’appui de la CIA. Faire et défaire les régimes politiques est une spécialité des services spéciaux américains depuis un siècle. Flashback. Au nom de la lutte contre le péril communiste, le socialiste chilien Salvador Allende n’a pas pu terminer son mandat présidentiel. Isolé et assiégé par les troupes du général Pinochet (soutenu par la CIA), il se suicide un certain 11 septembre… 1973. Tout ça, parce qu’il était jugé trop « gauchiste » par le pouvoir américain en ces temps de guerre froide. Et pourtant. L’homme populaire représentait un espoir dans son pays. Malheureusement pour lui et son peuple, il n’était pas en odeur de sainteté chez l’Oncle Sam d’Amérique. Maintenant, à qui le tour…
-------
Je vous reprends ci-dessous deux paragraphes de compte-rendu de la 5710e séance du Conseil de sécurité (CS/9064) du 29 juin 2007 qui ont conduit au vote de la résolution 1762 mettant aussitôt fin au mandat de la UNMOVIC.
La déclaration de M. DEMETRIUS PERRICOS, Président exécutif par intérim de la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU) : « Au cours de la période allant du 27 novembre 2002 au 17 mars 2003, date à laquelle les inspecteurs ont été retirés, la COCOVINU a mené 731 inspections, couvrant 411 sites dont 88 n’avaient pas été inspectés dans le passé. Le 13e rapport trimestriel indique en outre qu’au cours de cette période, la Commission n’a pas trouvé la trace d’une reprise du programme d´armement iraquien ni de quantité significative de matériaux proscrits. Les inspecteurs avaient découvert un petit nombre d’ogives chimiques vides qui auraient été fabriquées avant 1990 et qui ont été alors détruites tout comme l’ont été des missiles Al Samoud II. Toutefois, ni le régime d’inspection, ni les déclarations, ni les documents soumis ont permis de faire la lumière sur des questions en suspens dont la liste avait été présentée au Conseil le 19 mars 2003. »
Et bien sur celle de M. ZALMAY KHALIZAND (États-Unis) qui « est revenu sur les mesures prises par son pays pour enquêter sur la présence d’armes de destruction massive en Iraq. Le Groupe d’investigation en Iraq dirigé par les États-Unis a enquêté du printemps 2003 au début de l’année 2005. Si les conditions de sécurité ont parfois rendu cette tâche difficile, le Groupe d’investigation et les membres de la Coalition ont pu faire leur travail et conclure que l’Iraq ne disposait ni d’armes de destruction massive ni de leurs vecteurs même si le Groupe d’investigation continue de trouver des stocks isolés de munitions. »
Lien des comptes rendus de séances de l’ONU sur cette question :
En français : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/CS9064.doc.htm
In English: http://www.un.org/News/Press/docs/2007/sc9064.doc.htm
Lien sur la mission de la UNMOVIC : www.unmovic.org
Mais le 29 juin dernier, j’apprends –très discrètement-, que l’Organisation des Nations Unies met officiellement fin à la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU – UNMOVIC United Nations Monitoring, Verification and Inspection Commission en anglais). Et avec quel résultat ? Rien. Fausse alerte. Les experts n’ont pas officiellement trouvé d’armes de destructions massives.
L’Iraq donc au début 2003, au moment de la prise de décision de l’invasion du pays par les troupes américaines, ne disposait pas d’armes de destructions massives prêtes à défigurer la face du monde. Il y avait bien quelques tubes en aluminium comme la Maison Blanche l’a si bien soulignée lors de ses discours va-t-en guerre. Mais cela justifiait-il-le choix d’envahir l’Irak et de faire tomber le despote Saddam Hussein ? La raison n’était-t-elle pas ailleurs ?
Dans ce cas, cela veut dire que la Maison Blanche a vendu « sa » guerre et qu’elle l’a justifiée auprès de la communauté internationale et de ses compatriotes sur la base d’un mauvais prétexte et de fausses informations. C’est cela qui est grave. Même si, cette fois-ci, c’est un dictateur sanguinaire qui est bien tombé. Mais à quel prix aujourd’hui pour le peuple irakien !
Mais encore, demain, sur la base de mensonges officiels, un homme politique, élu légitimement par son propre peuple, peut bien voir sa tête mise à prix et tomber. Comme celle de Saddam Hussein, la nuque brisée. Cela a d’ailleurs déjà été le cas, ailleurs, avec l’appui de la CIA. Faire et défaire les régimes politiques est une spécialité des services spéciaux américains depuis un siècle. Flashback. Au nom de la lutte contre le péril communiste, le socialiste chilien Salvador Allende n’a pas pu terminer son mandat présidentiel. Isolé et assiégé par les troupes du général Pinochet (soutenu par la CIA), il se suicide un certain 11 septembre… 1973. Tout ça, parce qu’il était jugé trop « gauchiste » par le pouvoir américain en ces temps de guerre froide. Et pourtant. L’homme populaire représentait un espoir dans son pays. Malheureusement pour lui et son peuple, il n’était pas en odeur de sainteté chez l’Oncle Sam d’Amérique. Maintenant, à qui le tour…
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Je vous reprends ci-dessous deux paragraphes de compte-rendu de la 5710e séance du Conseil de sécurité (CS/9064) du 29 juin 2007 qui ont conduit au vote de la résolution 1762 mettant aussitôt fin au mandat de la UNMOVIC.
La déclaration de M. DEMETRIUS PERRICOS, Président exécutif par intérim de la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU) : « Au cours de la période allant du 27 novembre 2002 au 17 mars 2003, date à laquelle les inspecteurs ont été retirés, la COCOVINU a mené 731 inspections, couvrant 411 sites dont 88 n’avaient pas été inspectés dans le passé. Le 13e rapport trimestriel indique en outre qu’au cours de cette période, la Commission n’a pas trouvé la trace d’une reprise du programme d´armement iraquien ni de quantité significative de matériaux proscrits. Les inspecteurs avaient découvert un petit nombre d’ogives chimiques vides qui auraient été fabriquées avant 1990 et qui ont été alors détruites tout comme l’ont été des missiles Al Samoud II. Toutefois, ni le régime d’inspection, ni les déclarations, ni les documents soumis ont permis de faire la lumière sur des questions en suspens dont la liste avait été présentée au Conseil le 19 mars 2003. »
Et bien sur celle de M. ZALMAY KHALIZAND (États-Unis) qui « est revenu sur les mesures prises par son pays pour enquêter sur la présence d’armes de destruction massive en Iraq. Le Groupe d’investigation en Iraq dirigé par les États-Unis a enquêté du printemps 2003 au début de l’année 2005. Si les conditions de sécurité ont parfois rendu cette tâche difficile, le Groupe d’investigation et les membres de la Coalition ont pu faire leur travail et conclure que l’Iraq ne disposait ni d’armes de destruction massive ni de leurs vecteurs même si le Groupe d’investigation continue de trouver des stocks isolés de munitions. »
Lien des comptes rendus de séances de l’ONU sur cette question :
En français : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/CS9064.doc.htm
In English: http://www.un.org/News/Press/docs/2007/sc9064.doc.htm
Lien sur la mission de la UNMOVIC : www.unmovic.org
Mémoire d’un chansonnier
Hommage à Gaston Couté, et à ses textes hors du temps, tellement présents.
Il est de ces textes intemporels. Sans âge. Certes il y a l’usage du patois. Mas si la forme et le verbe sonnent “ancien”, le contenu et le ton raisonnent “contemporain”. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, je vous recommande la lecture des textes de Gaston Couté, chansonnier et poête beauceron (1880 – 1911). L’inspiration est rurale. Le verbe tout autant. Le regard est affûté et la critique acerbe. Anarchiste de combat, Couté trouve l’emphase dans les grands combats ideologiques (pacifisme, laïcité). Plutôt que de paraphraser ce qui a déja été écrit sur Gaston Couté depuis des décennies, je vous renvoie à la lecture de sa vie et ses oeuvres sur Internet à la fin de cette chronique. En introduction à l'édition complète des œuvres de Gaston Couté sous le titre La chanson d’un gâs qu’ mal tourné, on peut lire: “Lisez... Mais une précaution : Lisez-les vous. Oui ! Les textes de Gaston Couté sont presque tous écrits pour être dits. Il faut donc "se les lire". Les entendre. Ils ont le rythme de la parole. Ils sont "à la bouche", pas pour les yeux...”
Voici un des ses textes, “Le gâs qu'a mal tourné”.
Dans les temps qu'j'allais à l'école,
Voici un des ses textes, “Le gâs qu'a mal tourné”.
Dans les temps qu'j'allais à l'école,
- Oùsqu'on m'vouèyait jamés bieaucoup, -
Je n'voulais pâs en fout'e un coup ;
J'm'en sauvais fér' des caberioles,
Dénicher les nids des bissons,
Sublailler, en becquant des mûres
Qui m'barbouillin tout'la figure,
Au yeu d'aller apprend' mes l'çons ;
C'qui fait qu'un jour qu'j'étais en classe,
(Tombait d' l'ieau, j'pouvions pâs m'prom'ner !)
L'mét'e i'm'dit, en s'levant d' sa place :
"Toué !... t'en vienras à mal tourner !"
Il avait ben raison nout' mét'e,
Il avait ben raison nout' mét'e,
C't'houmm'-là, i'd'vait m'counnét' par coeur !
J'ai trop voulu fére à ma tête
Et ça m'a point porté bounheur ;
J'ai trop aimé voulouér ét' lib'e
Coumm' du temps qu' j'étais écoyier ;
J'ai pâs pu t'ni' en équilib'e
Dans eun'plac', dans un atéyier,
Dans un burieau... ben qu'on n'y foute
Pâs grand chous' de tout' la journée...
J'ai enfilé la mauvais' route!
Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !
A c'tt' heur', tous mes copains d'école,
A c'tt' heur', tous mes copains d'école,
Les ceuss' qu'appernin l'A B C
Et qu'écoutin les bounn's paroles,
l's sont casés, et ben casés !
Gn'en a qui sont clercs de notaire,
D'aut's qui sont commis épiciers,
D'aut's qu'a les protections du maire
Pour avouèr un post' d'empléyé...
Ça s'léss' viv' coumm' moutons en plaine,
Ça sait compter, pas raisounner !
J'pense queuqu'foués... et ça m'fait d'la peine
Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !
Et pus tard, quand qu'i's s'ront en âge,
Et pus tard, quand qu'i's s'ront en âge,
Leu' barbe v'nu, leu' temps fini,
l's vouéront à s'mett'e en ménage ;
l's s'appont'ront un bon p'tit nid
Oùsque vienra nicher l' ben-êt'e
Avec eun' femm'... devant la Loué !
Ça douét êt' bon d'la femme hounnête :
Gn'a qu'les putains qui veul'nt ben d'moué.
Et ça s'comprend, moué, j'ai pas d'rentes,
Parsounn' n'a eun' dot à m'dounner,
J'ai pas un méquier dont qu'on s'vante...
Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !
l's s'ront ben vus par tout l'village,
l's s'ront ben vus par tout l'village,
Pasqu'i's gangn'ront pas mal d'argent
A fér des p'tits tripatrouillages
Au préjudic' des pauv'ers gens
Ou ben à licher les darrières
Des grouss'es légum's, des hauts placés.
Et quand, qu'à la fin d'leu carrière,
l's vouérront qu'i's ont ben assez
Volé, liché pour pus ren n'fére,
Tous les lichés, tous les ruinés
Diront qu'i's ont fait leu's affères...
Moué ! j's'rai un gâs qu'a mal tourné !
C'est égal ! Si jamés je r'tourne
C'est égal ! Si jamés je r'tourne
Un joure r'prend' l'air du pat'lin
Ousqu'à mon sujet les langu's tournent
Qu'ça en est comm' des rou's d'moulin,
Eh ben ! I' faura que j'leu dise
Aux gâs r'tirés ou établis
Qu'a pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm' des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu' j'leu' dis' qu' j'ai pas mis l'nez
Dans la pâté' sal' de leu-z-auge...
Et qu'c'est pour ça qu'j'ai mal tourné !...
http://gastoncoute.free.fr/index.htm
http://www.gerard-pierron.org/gaston%20coute.htm http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Couté
http://gastoncoute.free.fr/index.htm
http://www.gerard-pierron.org/gaston%20coute.htm http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Couté
dimanche 17 juin 2007
« L’Atmosphère » apaisée…
Le restaurant français à Kaboul l’Atmosphère a ré-ouvert ses portes le 17 juin, après sa fermeture précipitée. Le fisc afghan réclamait pas moins de 500 000 USD à son propriétaire, Marc Victor, du coup, s’était mis en grève de la faim. A lire ma chronique précédente du 7 juin dernier. De toute évidence, un terrain d’entente ait été trouvée depuis. Open bar pour tout le monde ?!
jeudi 7 juin 2007
« Grande bouffe » au pays du kabouli*
Faire des affaires en Afghanistan peut coûter cher. Demandez plutôt à Marc Victor, un français qui a ouvert un restaurant l’été 2004 à Kaboul. Les affaires tournaient bien pour lui. Très bien même. Si bien qu’il a ouvert l’hiver dernier un autre restaurant frenchy à Islamabad, au Pakistan voisin, fort de la réussite de son restaurant dans la capitale afghane. Mais, qui dit pays instable, dit aussi mauvaises et coûteuses surprises qui peuvent du jour au lendemain frapper à votre porte… Comme une facture de 500 000 US dollars (370 000 euros). Une somme vertigineuse dans un pays dans lequel le salaire mensuel moyen atteint à peine 50 dollars américains (37 euros). C’est pourtant bien ce que réclame le fisc afghan à Marc Victor au titre de son activité professionnelle à Kaboul. L’expérience de plusieurs années du pays et les contacts nouer sur place ne protégent pas toujours de l’arbitraire ou des nouvelles « lois » afghanes. Reste que Marc Victor vient d’entamer une grève de la faim depuis deux jours (Source AFP**) –tout un symbole pour un restaurateur- afin de protester contre le paiement de ces impôts exigés par les autorités afghanes. Marc, ancien journaliste de 46 ans, affirme qu’il aura au total payé au 20 juin quelque 120 000 dollars (près de 90 000 euros) en impôts depuis l’ouverture de son restaurant, L’Atmosphère, en août 2004. Il a notamment attribué cette affaire “aux sentiments xénophobes” de certains fonctionnaires (Source AFP). Certains voient probablement en l’homme d’affaire une vache à lait, assurés qu’il y a de l’argent à se faire chez quelqu’un qui attire dans son établissement tous les gros salaires de Kaboul, des employés des Nations Unies à ceux d’autres grandes organisations internationales, en passant par toutes sortes de businessmen et autres agents de compagnies privées de sécurité. Même si au beau milieu de cette gente pour la plupart masculine, il y a bien aussi des volontaires d’ONG internationales aux revenus plus modestes. De toute évidence, le succès du restaurant n’a certainement pas attiré que les regards, mais aussi les convoitises. En Afghanistan et après tout, en affaire en général à travers le monde, l’argent se prend là où il se trouve. Business légal, illégal, mafieux, moral ou non, peu importe, l’argent n’a pas d’odeur comme dit si bien l’adage populaire. Le restaurant L’Atmosphère, même s’il a fourni une formation et du travail à de nombreux jeunes afghans, n’a pas eu que des mœurs « islamiques », au sens coutumes locales. L’alcool y a bien souvent coulé à flot, à l’exception des Afghans qui ne pouvaient pas produire un passeport autre qu’afghan. Alors, aujourd’hui, face a cette situation, que de questions restées en suspend. Sur quelle base de calcul, ces 500 000 dollars ont-ils été calculé dans un pays dans lequel le système fiscal est encore balbutiant ? L’Atmosphère génère-t-il vraiment autant de bénéfices, et dans ce cas, ce type de business n’est-il pas une belle alternative à celui de la production d’opium qui court le pays ? Marc subit-il une vengeance ? Ou bien Marc a-t-il fait un faux pas ? Ou encore fait-il les frais de jalousies ou bien d’un coup tordu de concurrents prêts à tout pour récupérer le business si son restaurant venait à fermer définitivement. Vu le succès qu’était le sien jusqu'à récemment (il aura versé tout de même 120 000 dollars d’impôts), les liasses de dollars qui circulent, liées à la reconstruction d’un pays dont honnêtement l’Afghan de la rue peine encore à voir, se retrouveront bien quoi qu’il en soit dans quelques poches de costumes. D’officiels ou non, corruption oblige. Quand il s’agit de dénoncer ce système qui gangrène le pays, personne ne se met à table pour ainsi dire. Pourtant, ne manque pas ceux qui mangent dans l’assiette des autres. Une sorte de « Grande bouffe » à l’afghane à laquelle ne participent que les mieux placés. L’homme de la rue n’ayant à peine que des miettes pour survivre, cinq ans après l’éphémère vent de liberté qui a soufflé sur le pays avec le départ des Taliban de Kaboul.
Blog du restaurant l’Atmosphère à Kaboul : http://latmospherekabul.blogs.com/
* Le Kabouli palaw est un plat national afghan composé de riz et de viande, accompagné de raisins secs et de fines lamelles de carottes.
**Dépêche AFP :
http://www.expatica.com/actual/article.asp?subchannel_id=25&story_id=40494
Blog du restaurant l’Atmosphère à Kaboul : http://latmospherekabul.blogs.com/
* Le Kabouli palaw est un plat national afghan composé de riz et de viande, accompagné de raisins secs et de fines lamelles de carottes.
**Dépêche AFP :
http://www.expatica.com/actual/article.asp?subchannel_id=25&story_id=40494
mercredi 30 mai 2007
Heureux dénouement pour TOUS les ex-otages de Terre d’enfance en Afghanistan
Voici un message que je suis tres heureux de vous faire passer:
Libres ! 52 jours après leur enlèvement dans l'ouest de l'Afghanistan, Rassoul, Hashim et Azrat ont été libéré hier matin dimanche 27 mai.
C'est avec une joie et un soulagement immenses que nous avons accueilli cette nouvelle, après de si longues semaines d'attente et d'angoisse.
Nous tenons à vous remercier du fond du coeur pour votre soutien, vos messages de solidarité, vos marques d'amitié, que vous nous avez apportés dans ces circonstances éprouvantes.
Nous remercions également toutes celles et tous ceux qui, en France et en Afghanistan, jour après jour, ont oeuvré pour la libération des cinq membres de notre équipe prise en otage.
N'oublions pas les autres otages, en Afghanistan et ailleurs dans le monde, dont l'épreuve continue, et dont nous demandons aussi la libération.
Très cordialement
L'équipe Terre d'enfance
http://terre.enfance.free.fr
Libres ! 52 jours après leur enlèvement dans l'ouest de l'Afghanistan, Rassoul, Hashim et Azrat ont été libéré hier matin dimanche 27 mai.
C'est avec une joie et un soulagement immenses que nous avons accueilli cette nouvelle, après de si longues semaines d'attente et d'angoisse.
Nous tenons à vous remercier du fond du coeur pour votre soutien, vos messages de solidarité, vos marques d'amitié, que vous nous avez apportés dans ces circonstances éprouvantes.
Nous remercions également toutes celles et tous ceux qui, en France et en Afghanistan, jour après jour, ont oeuvré pour la libération des cinq membres de notre équipe prise en otage.
N'oublions pas les autres otages, en Afghanistan et ailleurs dans le monde, dont l'épreuve continue, et dont nous demandons aussi la libération.
Très cordialement
L'équipe Terre d'enfance
http://terre.enfance.free.fr
mardi 22 mai 2007
Petites barbouzeries entre amis
Cette chronique est un clin d’œil à l’une de mes lettres afghanes dâtée du 20 novembre 2004 dans laquelle je vous parlais de ces chiens de guerre, les mercenaires (et de leurs maîtres), en « mâles » de trique, appâtés par le fric et l’odeur âcres de certaines trippes. Aujourd’hui, cette histoire en a le goût. Lisez donc.
Son nom est Jonathan Keith Idema alias Jack (photo). Ressortissant des Etats-Unis et ancien des forces spéciales américaines, il est détenu dans la prison afghane de Pul-e-Charkhi où il purge actuellement une peine de 10 ans prison, commencée fin 2004. Son crime : « Prise d’otages » et « torture » d’au moins huit personnes, avec deux autres « potes » de jeu, également américains, dans une prison clandestine à Kaboul (A lire l’historique sur le site francophone d’information sur l’Afghanistan Bassira.net, http://www.bassirat.net/news/read_news.php?n=1742). Une sorte d’Abu Ghraib* en terre afghane en somme. Le jugement rendu (en septembre 2004), Jack crie au complot de la part de son propre gouvernement et depuis, il l’accuse de vouloir le faire taire… pour toujours, subissant lui-même des tortures. Mais Jack clame son innocence à qui veut bien l’entendre depuis sa prison via son site Internet http://www.superpatriots.us/. Il y défend becs et ongles qu’il menait ces opérations et interrogatoires sur le terrain dans le but d’obtenir des informations sur le réseau Al Qaida et les Taliban. Du contre-terrorisme commandité par le Pentagone en personne puisque Idema assure qu’il était employé par le secrétaire d’Etat à la Défense. Mais voila, l’Oncle Sam semble avoir lâché son « pitbull », dans tous les sens du terme (A cliquez aussi sur le site de Jack, le lien vers le blog « Rottweiller Puppy, Take small bites, often »). Ahhh les coups tordus des services spéciaux… Pourtant, Jack se revendique bon patriote américain. Avec une adresse blog intitulée http://www.superpatriots.us/, qui pourrait d'ailleurs en douter. Et puis après tout, Jack martèle en bas de sa page d’accueil : "My President told our nation he was going to unleash hell on the terrorists, and that is exactly what I did... so what's the problem?"
Quoi qu’il en soit, il est difficile d’y voir clair dans cette barbouzerie en terre afghane. Ce qui est sûr, c’est que le dit Jack a le cuir dur. Il prend aussi ses précautions et il n’est pas si seul que ça. D’ailleurs, il ne manque pas de moyens ni de ressorts et encore moins de soutiens. Des moyens d’abord, il a comme qui dirait de quoi trouer le premier venu et le réduire en passoire: "Relax, we have enough guns and ammo to kill all those fuckers if they get through the government forces," Jack said from Pulacharke by NA satellite phone at 11:57 ETS." A lire sur http://www.kathryncramer.com/kathryn_cramer/2006/02/pulecharkhi_pri.html. Et quand aux ressorts et à ses soutiens, il n’y a qu’àcompter le nombre de pages et de blogs de soutien qui lui sont consacrés en tapant son nom sur Google ; sans parler d’un long article sur l’encyclopédie gratuite en ligne en version anglaise Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Idema. Le garçon ne manque décidément pas de ressources comme le prouve encore http://www.counterterroristgroup.us/ le site officiel d’une compagnie « de contre terrorisme » qu’aurait fondé Idema.
Enfin, je vous ai gardé un petit cadeau pour la fin… non, tout de même pas une collection de kalachnikov en or faite en série limitée made in Pakistan. Non, mais quelques chose de bien plus casual et facile à porter pour tous les jours… Commandez en ligne des tee-shirts « Free Jack now » avec son portrait pour demander la libération du barbouze sur son site. En voila une bonne idée pour ceux qui était en panne de cadeau pour la fête des mères.
* Sur la prison d’Abu Ghraib en Irak (en français) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_d et (en anglais) http://en.wikipedia.org/wiki/Abu_Ghraib_prison
Son nom est Jonathan Keith Idema alias Jack (photo). Ressortissant des Etats-Unis et ancien des forces spéciales américaines, il est détenu dans la prison afghane de Pul-e-Charkhi où il purge actuellement une peine de 10 ans prison, commencée fin 2004. Son crime : « Prise d’otages » et « torture » d’au moins huit personnes, avec deux autres « potes » de jeu, également américains, dans une prison clandestine à Kaboul (A lire l’historique sur le site francophone d’information sur l’Afghanistan Bassira.net, http://www.bassirat.net/news/read_news.php?n=1742). Une sorte d’Abu Ghraib* en terre afghane en somme. Le jugement rendu (en septembre 2004), Jack crie au complot de la part de son propre gouvernement et depuis, il l’accuse de vouloir le faire taire… pour toujours, subissant lui-même des tortures. Mais Jack clame son innocence à qui veut bien l’entendre depuis sa prison via son site Internet http://www.superpatriots.us/. Il y défend becs et ongles qu’il menait ces opérations et interrogatoires sur le terrain dans le but d’obtenir des informations sur le réseau Al Qaida et les Taliban. Du contre-terrorisme commandité par le Pentagone en personne puisque Idema assure qu’il était employé par le secrétaire d’Etat à la Défense. Mais voila, l’Oncle Sam semble avoir lâché son « pitbull », dans tous les sens du terme (A cliquez aussi sur le site de Jack, le lien vers le blog « Rottweiller Puppy, Take small bites, often »). Ahhh les coups tordus des services spéciaux… Pourtant, Jack se revendique bon patriote américain. Avec une adresse blog intitulée http://www.superpatriots.us/, qui pourrait d'ailleurs en douter. Et puis après tout, Jack martèle en bas de sa page d’accueil : "My President told our nation he was going to unleash hell on the terrorists, and that is exactly what I did... so what's the problem?"Quoi qu’il en soit, il est difficile d’y voir clair dans cette barbouzerie en terre afghane. Ce qui est sûr, c’est que le dit Jack a le cuir dur. Il prend aussi ses précautions et il n’est pas si seul que ça. D’ailleurs, il ne manque pas de moyens ni de ressorts et encore moins de soutiens. Des moyens d’abord, il a comme qui dirait de quoi trouer le premier venu et le réduire en passoire: "Relax, we have enough guns and ammo to kill all those fuckers if they get through the government forces," Jack said from Pulacharke by NA satellite phone at 11:57 ETS." A lire sur http://www.kathryncramer.com/kathryn_cramer/2006/02/pulecharkhi_pri.html. Et quand aux ressorts et à ses soutiens, il n’y a qu’àcompter le nombre de pages et de blogs de soutien qui lui sont consacrés en tapant son nom sur Google ; sans parler d’un long article sur l’encyclopédie gratuite en ligne en version anglaise Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Idema. Le garçon ne manque décidément pas de ressources comme le prouve encore http://www.counterterroristgroup.us/ le site officiel d’une compagnie « de contre terrorisme » qu’aurait fondé Idema.

Enfin, je vous ai gardé un petit cadeau pour la fin… non, tout de même pas une collection de kalachnikov en or faite en série limitée made in Pakistan. Non, mais quelques chose de bien plus casual et facile à porter pour tous les jours… Commandez en ligne des tee-shirts « Free Jack now » avec son portrait pour demander la libération du barbouze sur son site. En voila une bonne idée pour ceux qui était en panne de cadeau pour la fête des mères.
Bonne fête Môman!
* Sur la prison d’Abu Ghraib en Irak (en français) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_d et (en anglais) http://en.wikipedia.org/wiki/Abu_Ghraib_prison
mercredi 16 mai 2007
Europetition d'urgence pour le Darfour
Comme vous le savez certainement deja, des millions de personnes ont été et sont en train de se faire torturer et massacrer au Darfour.
Nous pouvons agir en signant l'Euro pétition d'Urgence pour le Darfour.
Cette pétition a été mise en place au niveau européen et "il suffit" seulement de récolter 1 million de signatures en France avant le 1er juin (idem pour les autres pays européens) pour que l'ONU soit obligée de se rendre sur place afin de faire cesser les hostilités et d'amener des vivres et des médicaments aux quelques rescapés qui arrivent à échapper aux massacres. On en est à 105 000 signatures pour l'instant, environ! Signer cette pétition ne prend que 2 minutes.... Cliquez sur le lien http://www.europetition-darfour.fr
Nous pouvons agir en signant l'Euro pétition d'Urgence pour le Darfour.
Cette pétition a été mise en place au niveau européen et "il suffit" seulement de récolter 1 million de signatures en France avant le 1er juin (idem pour les autres pays européens) pour que l'ONU soit obligée de se rendre sur place afin de faire cesser les hostilités et d'amener des vivres et des médicaments aux quelques rescapés qui arrivent à échapper aux massacres. On en est à 105 000 signatures pour l'instant, environ! Signer cette pétition ne prend que 2 minutes.... Cliquez sur le lien http://www.europetition-darfour.fr
vendredi 11 mai 2007
Eric Damfreville de Terre d'enfance libéré par les taliban en Afghanistan
Vendredi 11 mai 2007
Après 38 jours de captivité, Eric a été libéré aujourd'hui par ses ravisseurs. C'est une grande joie pour ses proches et toute l'association.
A la suite de la libération de Céline, le 27 avril dernier, c'est une nouvelle étape vers la libération attendue de toute l'équipe de Terre d'enfance.
Notre soulagement ne sera complet que lorsque Rasul, Azrat, et Hashim seront libres à leur tour et auront rejoint leurs familles.
Nous demandons que la mobilisation des autorités françaises et afghanes, qui a permis d'aboutir à ces premières libérations, se poursuive jusqu'à un dénouement heureux pour tous. Nous appelons à nouveau les ravisseurs à laisser la vie sauve à Rasul, Azrat, et Hashim, travailleurs humanitaires.
L'association Terre d'enfance
http://terre.enfance.free.fr/
A lire la dépêche de l'agence AFP: http://fr.news.yahoo.com/11052007/202/afghanistan-liberation-du-second-otage-francais-par-les-talibans.html
Après 38 jours de captivité, Eric a été libéré aujourd'hui par ses ravisseurs. C'est une grande joie pour ses proches et toute l'association.
A la suite de la libération de Céline, le 27 avril dernier, c'est une nouvelle étape vers la libération attendue de toute l'équipe de Terre d'enfance.
Notre soulagement ne sera complet que lorsque Rasul, Azrat, et Hashim seront libres à leur tour et auront rejoint leurs familles.
Nous demandons que la mobilisation des autorités françaises et afghanes, qui a permis d'aboutir à ces premières libérations, se poursuive jusqu'à un dénouement heureux pour tous. Nous appelons à nouveau les ravisseurs à laisser la vie sauve à Rasul, Azrat, et Hashim, travailleurs humanitaires.
L'association Terre d'enfance
http://terre.enfance.free.fr/
A lire la dépêche de l'agence AFP: http://fr.news.yahoo.com/11052007/202/afghanistan-liberation-du-second-otage-francais-par-les-talibans.html
mercredi 9 mai 2007
Soutenez l'appel à la libération d'Eric, Rasul, Azrat et Hashim
Chers amis,
Une fois de plus, je relais sur ce blog l'appel de Terre d'enfance.
Bonjour,
Demain commencera la 6ème semaine de détention pour Eric, Rasul, Azrat et Hashim. Vous êtes dèjà plusieurs milliers à avoir témoigné de votre solidarité et signé l'appel à leur libération. Plus les soutiens seront nombreux, plus le message sera entendu. Aidez-nous en relayant largement autour de vous cet appel et en invitant vos ami-e-s à le signer en ligne sur le site http://terre.enfance.free.fr.
Merci
Terre d'enfance
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